jeudi, 29 septembre, 2005

Interdiction de séjour pour Skype !

Le logiciel de VoIP Skype vient d'être interdit par le ministère de la Recherche dans les administrations des universités, les centres de recherches et les écoles supérieures. Une mesure recommandée par le secrétariat général à la défense nationale. Révélée par le site Ratiatum.com, l'information a été confirmée par le ministère à ZDNet.fr sans plus de commentaires.

Conséquence, Skype doit disparaître sans délai des postes de bureau dans les laboratoires, les administrations des universités, les centres de recherches et les écoles supérieures. Au CNRS (Centre National de Recherche Scientifique), la direction informatique a bien reçu la consigne. Il s'agit d'une note "confidentiel défense" qui fait suite à des recommandations du secrétariat général à la défense nationale. J'investigue actuellement d'autre laboratoires pour savoir si cette note a bien été transmise partout.

Seraient en cause les vulnérabilités de sécurité susceptibles d'affecter un réseau via le logiciel Skype, notamment par des écoutes pirates. Pour moi, il est absolument évident qu'il est très facile de sniffer un flux voix IP véhiculé par Skype (ou tout autre dispositif Voix IP d'ailleurs, tel que Wengo, MSN, Google Talk et quelques autres, qui sont eux aussi largement utilisés dans les universités), puis de le décoder.

Avec d'ailleurs au final plus de difficulté pour écouter les flux d'un logiciel Voix Ip que pour procéder à une écoute téléphonique sur réseau analogique ! En effet, dans les deux cas, analogique et IP, la problématique de l'écoute reste entière : comment localiser les lignes, comment installer les dispositifs (matériels ou logiciels) capables de procéder à l'espionnage ou au reniflage ? A moins d'être soi-même le développeur du logiciel... On pourrait alors voir un lien entre le rachat de Skype par Ebay et cette soudaine interdiction. Des craintes de divulgation par Ebay au profit d'organisations d'espionnages (Nord Américaines, bien évidemment) des flux de Skype ?

En tout cas, s'ajoute aux questions sur le mode de piratage, l'absence de sens de cette interdiction ! Par nature la plupart des universités françaises (à l'exception de celles - largement minoritaires - travaillant sur des projets liés à la Défense) ont en effet pour objectif principal ... de diffuser le plus largement possible le fruit de leurs recherches par le biais de publications ! Ces publications étant présentées dans des conférences ou mieux, en ligne ! Pourquoi donc craindre le viol d'une correspondance (la Voix IP) relative, dans son immense majorité, à des projets publics ?

J'y perds (pour le moment) mon latin !

Note 1 : Confirmation, la note a bien été reçue mais de manière inégale dans les laboratoires (des chercheurs de l'INRA par exemple, n'étaient pas au courant, mais ceux du LIA l'étaient).



Posté par Eric Charton at 18:00.20
Edité le: lundi, 03 octobre, 2005 19:37.04
Categories: VoixIp





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