lundi, 25 septembre, 2006

Quel avenir pour les interfaces homme-machine ?

On vous parle beaucoup des « avancées » technologiques à la mode: Web 2.0, Web multimédia et vidéo, sont quelques-uns de ces sujets dans le vent, qui font les beaux jours de la blogosphère et de la presse spécialisée.

Pourtant, je vais peut-être vous l’apprendre, la véritable révolution en marche ne réside pas dans ces petites avancées technologiques (même web 2.0 n’est qu’un assemblage amélioré de toutes les technologies qui émergent sur Internet) et très peu scientifiques. La prochaine révolution informatique, celle sur laquelle travaillent la plupart des laboratoires universitaires ou privés, souvent en association avec des entreprises de pointe, aidés par des financements gouvernementaux, que ce soit en Europe ou aux Etats Unis, c’est celle des interfaces homme-machine.

Très rapidement, maturation des sciences du langage et du traitement multimédia aidant, accompagnées de nouvelles technologies électroniques, vous allez voir apparaître sur le web, ou dans vos ordinateurs, mais aussi dans votre vie quotidienne, ou même dans les corps humains, des applications et des fonctions étonnantes tant elles seront simples en apparence, et pourtant d’une complexité logique, mathématique, voire biologique, absolument stupéfiante.

Ces sciences en voie de maturation ont des noms. Les TALN pour Traitement et analyse de la langue Naturelle. Le TAIM pour Traitement et analyse des données multimédia, sans oublier celle qui fait la une en ce moment, la plus spectaculaire, la « biomécanique » et la « bionique » ou électronique mariée au du biologique.

Avez-vous entendu parler de Claudia Mitchell ? Cet ex-marine américaine ne pensait pas pouvoir retrouver une vie normale après l'amputation de son bras gauche à la suite d’un accident de moto. Cette jeune femme a pourtant aujourd’hui retrouvé l’usage de son bras entièrement mécanique (5 kg et 6 moteurs) grâce à une prothèse commandée par la pensée.


Leben Heisst Leben envoyé par SugoiYoshi

Jesse Sullivan, un ancien joueur de football qui a perdu ses deux bras, avait été le premier à se prêter à cette expérience en 2005 (voir la vidéo ici ).

Cette prouesse est rendue possible grâce au procédé mis au point par l'équipe du docteur Todd Kuiken, qui consiste à greffer les résidus des terminaisons nerveuses du bras sectionné sur la zone pectorale et d’installer des électrodes à la surface de la peau. Avec ce dispositif, il devient possible de capter les signaux électriques produits par les nerfs et qui transmettent habituellement des commandes motrices. En résumé, on sait désormais capter les signaux nerveux dédiés à un bras disparu, et les interpréter pour commander un bras mécanique qui le remplace. A terme, il devrait même être possible de produire le résultat inverse, c’est à dire de restituer la sensation de toucher en reliant des capteurs aux terminaisons nerveuses concernées, qui à leur tour renverront la sensation au cerveau. Ce dispositif fonctionne en partie avec Claudia Mitchell comme le montre la vidéo. De la pure fiction il y a encore quelques années !

Voilà le vrai défi des sciences informatiques en marche ! Et il nous amène tout naturellement aux autres formes d’interfaces homme-machine qui devraient elles aussi être supplantées par nos bons vieux « périphériques biologiques » : la bouche, qui pourrait être utilisée pour parler à la machine plutôt que de taper sur un clavier, par exemple. La compréhension de la syntaxe et le dialogue pour commander un logiciel plutôt que l’interface graphique (c'est à dire l'écran) ou les assemblages booléens, aussi.

Si la lecture vocale peut être considérée aujourd’hui comme une technologie mature - il suffit de lire les articles d’Agoravox avec le dispositif de readspeaker - ou plus simplement, d'expérimenter le lecteur vocal de Microsoft Windows XP avec le PDF Reader d'Adobe, la capacité de reconnaissance de la voix et de transcription de textes parlés par des ordinateurs est aujourd’hui encore balbutiante. Le taux de fiabilité est proche de 100% pour ce qui est d’une simple serrure vocale par exemple, et variable de 40 à 60% pour la transcription écrite de textes d’après des émissions radiophoniques ou la transformation en écrits de savoirs oraux. D'ailleurs, Microsoft, qui voudrait implanter un moteur de reconnaissance vocale dans son prochain système, éprouve les pires difficultés: la dernière démonstration publique de la fonction de reconnaissance vocale incluse dans Windows Vista a très mal tourné (comme le montre la vidéo ci-dessous).

Pourtant, conscient des enjeux, Microsoft persiste et signe, et confirme, quoi qu'il arrive, que son prochain système d'exploitation intégrera bien un moteur de reconnaissance vocale dans huit langues. On peut le croire : les anciens utilisateurs de Windows 1.0 savent à quel point Microsoft ne recule jamais devant le lancement d'un produit mal ficelé pour "forcer le marché"...

Les mécanismes cognitifs et la "compréhension" en guise d'étape suivante

La commande vocale banalisée, demeurera alors la question de la compréhension de votre phrase par la machine (la fameuse « langue naturelle »). De ce côté-ci, encore, la science est en train de faire des bonds de géants qui se matérialiseront très bientôt sous forme de services innovants dans votre quotidien, y compris sur Internet.

Prenons un exemple. Aujourd’hui, lorsque vous posez une question à un moteur de recherche, c’est en réalité une partie de la réponse que vous fournissez, sous forme de mots clés. Le moteur se contentant de vous fournir une liste de documents ayant un bon niveau de similarité avec les mots clés que vous lui avez donné (on appelle ce système, utilisé sur Google, et la plupart des méta chercheurs, le « calcul de similarité »). Demain (ça fonctionne partiellement dans les labos), vous poserez une vrai question, au besoin oralement avec un micro, et le moteur analysera intelligemment la requête : vous ne direz plus « horaires sncf Paris» pour chercher un horaire mais plutôt « à quelle heure part le prochain train de Paris à courbevoie ? ». Et le moteur non seulement comprendra, mais vous fournira, pourquoi pas oralement, la bonne réponse !

Lorsque cette phase de la compréhension de l’homme par son ordinateur sera franchie (les projets à l’étude devraient arriver à échéance d’ici 2 ans), on s’attaquera au tri automatique et intelligent de vos données. Vous ne classerez plus laborieusement vos emails : l’ordinateur se chargera de trouver la meilleure organisation de vos dossiers, et vous retrouvera n’importe quelle donnée, d’après une question en langue naturelle (« je veux le mail que m’a envoyé untel le 10 mai sur le sujet x »).

La classification et le tri de données est un enjeu majeur sur lequel des sociétés telles que google investissent des centaines de millions : cette entreprise (1) a d’ailleurs récemment mis en place une équipe « image », débauchée largement dans les laboratoires universitaires américains, dont l’objectif est de mettre au point des outils de classement et d’indexation dédiés aux images fixes ou animées. L’enjeu ici, à plus long terme, est de vous permettre de fournir une vidéo, des photographies d’individus, et d’obtenir un index intelligent. Par exemple la référence de tous les passages où apparaissent des visages connus. Ou encore de trier automatiquement vos albums photos. Ou encore de substituer les mots de passe d’un ordinateur à une reconnaissance de visage par webcam.

Utopie ? Réalité ! Vous n’avez pas idée des changements qui vont se produire ! Rendez-vous pour le confirmer, ici, dans quelques années.

(1) Sur l'intérêt de google pour l'image, voir :
Rachat de Neven Vision Commentaires sur le blog de Google Rachat de Riva

dimanche, 24 septembre, 2006

Le blog de via Michelin

L'équipe de Via Michelin, incontournable site de recherche d'itinéraires, vient de lancer son blog. En prime, les premiers posts présentent la nouvelle publicité vidéo hilarante de ce site. A voir !


vendredi, 22 septembre, 2006

Spywares et adwares, ça continue ...

Dans la série arnaque aux spywares et adwares, le fait qu'on en parle peu en ce moment ne signifie pas que ce type d'infection informatique n'existe plus. Bien au contraire. Dans la série "j'utilise les nouvelles modes du web pour continuer mon arnaque", j'ai noté "Zango", producteur historique (l'ancien 180Solutions) et malfaisant de spywares, qui vient de transformer son site en pseudo portail de téléchargement de vidéos. Evidemment, les vidéos en questions sont "gore" à souhait, accidents de voitures, crash d'avions, etc, pour mieux attraper le chaland ...

Mais surtout, ce qui doit retenir votre attention, c'est que lorsque vous cliquerez sur le bouton "Watch" pour regarder une vidéo (par exemple sur cette page), c'est un spyware que vous téléchargerez en premier lieu. Evidemment, fidèle à leurs habitudes de voyous, mais désireux de rester dans la légalité, les génies de Zengo ont eu la gentillesse d'afficher le bouton "Watch" en haut de la page, et de vous informer que vous téléchargiez quelques horreurs, type Zango Search Assistant (un toolbar très intrusif), en bas de la page.

Une merveille de psychologie cognitive (on clique d'instinct en haut, pour voir vite la vidéo, sans lire en bas) pour mieux vous pousser à installer par surprise leurs espions . Zengo fait passer ses publicités partout en ce moment, donc, méfiance ! Si vous voulez en savoir plus sur Zango, lisez cette page du site de Benjamin Edleman.

mercredi, 20 septembre, 2006

Virtuoses anonymes sur Youtube

Virtuoses anonymes sur Youtube [Blog ZDNET]

Un jeune coréen anonyme de 22 ans a battu tous les records d'audience sur Youtube - plus de 8 millions de hits - en diffusant une vidéo enregistrée avec une webcam dans sa chambre, dans laquelle il interprète à la guitare électrique un arrangement rock de Canon en Ré Majeur, oeuvre composée au 18ième siècle par Johann Pachelbel. Le New York Times a retrouvé sa trace.
(NDEC : c'est plutôt sympa génial (franchement), et ceux qui ont des ados à la maison - et subissent ce qu'ils écoutent -, comprendront vite comment cette musique a pu avoir un tel succès)

Qui sont les connecteurs ?

J'ai bien aimé le blog de Thierry Crouzet, et son concept de "connecteurs". Quid ? Son idée part des deux postulats suivants :

  1. La société a atteint un seuil de complexité qui rend les anciens modes de management inopérants
  2. Dans cette nouvelle société, nous sommes capables de nous auto-organiser en l’absence d’autorité centrale

Et pour concrétiser son idée, il ajoute cette définition au mot "connecteur" du dictionnaire :

nom masculin (1799; de connecter)

1.Technique. Appareil de connexion. Connecteur téléphonique. - Électricité. Prise à broches multiples.

2.Logique, linguistique. Synonyme d’opérateur propositionnel. Et, Ou, Mais...

3.Marketing. (2001; Malcolm Gladwell) Personne qui met en relation d’autres personnes dans un réseau social et, plus particulièrement, qui lance les modes.

4.Sociologie. (2006; Thierry Crouzet) Par extension, nom donné aux hommes conscients d’appartenir à un vaste réseau social qui les lie à tous les autres hommes. Cette conscience d'appartenir à un tout confère aux connecteurs une liberté inégalée, à commencer par celle d’imaginer une démocratie non représentative, une nouvelle façon de travailler, d'étudier, de vivre...

Il propose aussi à tous ceux qui partagent ses idées d'indiquer sur leurs sites, leurs blogs, voire leurs mails : « je suis un connecteur ». Pour lui, grâce à cet affichage (sous forme d'un logo), "il nous serait plus facile de nous reconnaître, sans pour autant former un nouveau parti politique". Voici son logo :

Je trouve son idée de regroupement sociologique de la génération née après 1960 assez amusante. Tout au plus, contesterais-je le fait que les connecteurs, si ils existent, ne votent pas (en tout cas, si j'en suis un, moi je vote !). Envie de savoir si vous êtes un "connecteur" ? Suivez le questionnaire !

vendredi, 15 septembre, 2006

Mort d'eDonkey : c'est l'avenir légal que l'on tue

Mort d'eDonkey : c'est l'avenir légal que l'on tue [Ratiatum]

La RIAA a gagné sa défaite. En signant un accord à l'amiable avec l'éditeur Metamachine qui lui verse 30 millions de dollars de compensation, la RIAA a mis fin à eDonkey. Mais à quel eDonkey ? Loin d'être une victoire, c'est la légalité du P2P qui s'éloigne un peu plus.

Windows Vista aura-t-il une influence sur le trafic internet?

Windows Vista aura-t-il une influence sur le trafic internet? [ZD Net]

L'inventeur du DNS met en garde contre le prochain Windows qui pourrait saturer les millions de serveurs chargés de traduire les URL tapées par les internautes en adresses IP. Microsoft admet une augmentation de trafic et des experts refusent de s'alarmer.
«Vista va doubler le trafic DNS de l'ordinateur sur lequel il est installé». "Un doublement dû au support par le nouveau Windows de deux versions du protocole internet, à savoir l'IPv4, actuellement le plus répandu sur le Net, et le nouveau IPv6 censé prendre la relève. Cette compatibilité avec l'IPv6 est une des nouveautés de Vista par rapport à Windows XP."

Les écrivains ne sont pas tous des héritiers de Hugo ou Balzac ...

Vivre de sa plume signifie-t-il que vous êtes un auteur ? Les "vrais" écrivain sont-ils des permanents de l'écriture ou ont-ils besoin d'un job à côté ? Et être membre (ou sociétaire ) de la SGDL fait-il de vous automatiquement un héritier moral de Hugo ou de Balzac? Des questions que j'aime bien me poser (et parfois aussi à mes éditeurs, ce qui me vaut quelques tracas).

D'ailleurs je ne suis pas le seul : un ouvrage remarquable de Bernard Lahire, "La condition littéraire", explore lui aussi ce sujet brûlant (information trouvée sur le blog d'écrivain de Sébastien Bailly) et répond à cette question en une seule phrase : "La singularité des « écrivains » apparaît clairement quand on sait qu’ils sont dans leur grande majorité contraints à vivre du revenu d’activités extra-littéraires".

Tiens, tiens ... c'est ce que je disais, déjà dans ce post intitulé "le marché du livre s'essouffle". Dans cette note, je remarquais notamment que si "il y a encore deux siècles, le concept de droit des auteurs existait à peine (c'est d'ailleurs pour ce motif que fût créée la SGDL): c’est bien souvent la fonction occupée par le créateur dans la cité, ou les subsides de son mécène qui assuraient l'essentiel de son revenu, non la vente de son oeuvre.". Et j'ajoutais, en prenant acte, que "les auteurs bénévoles des meilleurs sites webs documentaires sont souvent eux aussi des spécialistes mais rémunérés par ailleurs dans l'exercice de leur métier".

Pourquoi cette remarque à contre courant, qui, à première vue, scie la branche sur laquelle je suis assis (étant moi même l'un des rares auteurs professionnels français vivant exclusivement de leur plume, depuis un peu moins d'une dizaine d'années) ? Par ce que je constatais - avec dépit - que mon métier devenait de plus en plus difficile à exercer, non par tarissement de la source financière très convenable qu'il représente (je crois que nous sommes moins de 1000, selon les statistiques des AGESSA, à gagner plus du SMIC en écrivant, et seulement 1, 4% des auteurs enregistrés vivraient exclusivement de leur plume), mais plutôt en observant qu'être auteur professionnel, aujourd'hui, se résumait malheureusement le plus souvent à enchaîner la rédaction de livres, mois après mois.

Produire, produire, toujours produire, plutôt qu'écrire est la règle que s'impose (et impose aux auteurs) depuis quelques temps le marché du livre, avec une conséquence : « le monde de l’édition est la seule industrie [répondant] à l’érosion des [ventes] de ses produits par une multiplication de ses produits » « Une course sans fin qui essouffle les meilleurs marathoniens de l’édition ».(Marianne 01/2006).

Que dit Bernard Lahire dans son livre des conséquences de ces pratiques sur les auteurs ? Que "Ceux qui sont la raison d’être de l’univers littéraire sont [...] paradoxalement les moins «professionnels» au sens où ils ne sont généralement pas en mesure de vivre de leur création. Ce ne sont d’ailleurs pas eux que l’on appelle les « professionnels du livre ». Et pour ajouter encore au paradoxe, ce ne sont pas ceux qui sont au sommet de leur art ou qui sont littérairement les plus innovants qui ont le plus de chance de vivre de ce qu’ils écrivent, mais ceux qui pratiquent une forme ou une autre de «littérature industrielle »".

Je suis totalement d'accord avec ce point de vue - si il n'est pas pour autant réduit au poncif simpliste "écrivain technique, machine commerciale" contre "romancier maudit". Je connais des romanciers médiocres, des essayistes scientifiques fascinants, des écrivains techniques innovants. Ecrire sur les sciences et les techniques, ou réaliser des scénarios de CD-Rom, est bien un art qui tient toute sa place dans notre société, quand il répond à l'un des besoins essentiels et structurants de l'humanité: transmettre des connaissances, faire progresser. C'est donc bien auteur ou écrivain - sans honte -que je fais inscrire sur mon passeport (accessoirement aussi, par ce que c'est la loi, sur ma feuille d'impôts !).

Mais ce qui est frappant dans le livre de Bernard Lahire, c'est l'introduction du concept de "littérature industrielle". Celle qui répond au impératifs exclusivement mercantiles de la chaîne de fabrication et de distribution du livre et dont je faisais état dans ma nouvelle du 17 Janvier.

Mais qu'est ce que cette littérature industrielle? Quelle est sa forme? Comment la produit-on ?
Pour vous éclairer, je dirais que c'est, par exemple, un éditeur (phénomène vécu par mézigue), qui vous demande d'écrire "un livre par mois" si vous souhaitez continuer à "assurer vos droits d'auteur". Que c'est accepter d'écrire une dizaine de livres de 300 pages par an (bien que Frédéric Dard - qui est une exception - réalisait cette "prouesse") pour maintenir sa "part du marché".
Que c'est écrire sous contrat (on pourrait dire "sur objectifs", on disait jadis sur "commande"), même quand on n'a aucune idée et rien (ou si peu) à dire
(NDEC: vous aurez tous ici remarqué une belle anaphore grammaticale que j'aurais pu transformer aisément en anaphore réthorique, juste pour vous montrer qu'un auteur technique peut aussi connaitre les figures de style. Mais je disgresse ... )

Ces formes de "rédactions sous contraintes", absolument omniprésentes dans le monde de l'édition technique et scientifique, sont devenues pour quelques auteurs incompatibles avec l'exercice de leur métier. Comment considérer ces rythmes d'écriture imposés comme compatibles avec un désir minimal de qualité, particulièrement dans mon univers d'écriture? Certains auteurs ne s'embarrassent pas de tels scrupules. Ils produisent. Comment font ils ? Eux - surhommes - seraient capables d'évaluer, tester, synthétiser des connaissances technologiques, rédiger, relire, améliorer, structurer des dizaines de chapitres et 300 000 caractères (voire beaucoup plus) parfois en un mois ? Imaginez vous qu'écrire en 30 jours 300 pages représente 10 pages de 1000 signes par jour, sans pause, sans week end, alors que ce métier est envahissant, épuisant, soit possible ? Et il reste ensuite à concevoir les index, à préparer illustrations: essayez, rien qu'une journée, vous m'en direz des nouvelles !

Ne vous laissez pas abuser par les 54 références de livres de ma bibliographie sur Fnac.com (75 chez Amazon !) : je n'ai jamais écrit plus de 4 livres par an, soit 3 mois minimum pour rédiger un petit ouvrage (100 pages) de qualité, fruit d'une enquête suffisante. L'immense majorité de mes références sont en réalité de simples numéros ISBN suite à des rééditions d'ouvrages (Hackers Guide, par exemple doit être à 6 ou 7 éditions différentes, le Poche Gravure de CD, à lui tout seul, doit en représenter une quinzaine, et je ne compte pas les innombrables éditions de mes livres sur la gravure, qui me firent d'ailleurs écorcher par des journalistes de la presse micro d'un incisif "Trop, c'est trop").

Il m'est aussi souvent arrivé de passer plus de 6 mois sur un livre (le Campus Flash par exemple), et de n'écrire que deux nouveaux ouvrages dans l'année. Au total, entre 2000 et 2007, je ne pense pas avoir écrit plus d'une vingtaine d'ouvrages originaux (moins de trois par an), et c'est déjà - à mon goût - presque trop. J'ai aussi écrit de nombreux livres en y consacrant beaucoup de temps (Généalogie, Web TV, Overclocking , ActionScript), tout en sachant dès le début que jamais de tels ouvrages - sans "marché" comme on dit - ne me rémunéreraient pas plus qu'un petit RMI (en tenant compte du temps passé à les écrire). Je dois d'ailleurs à la bienveillance de mon éditeur la possibilité (aujourd'hui perdue) d'avoir été en mesure de publier ces ouvrages "peu porteurs" (les multinationales sont plus généreuses qu'on ne le croit ... quand le marché est florissant).

Non, vraiment, la voie de l'usine telle qu'elle est justement décrite par Bernard Lahire n'a jamais été mon "truc". J'aime vivre de mon métier d'auteur, mais je peux tout aussi bien - pour assurer ma subsistance économique - pratiquer d'autres métiers. Je l'ai déjà fait. Mon premier livre écrit en 1986 m'avait permis de vivre un an (et de créer une startup spécialisée dans l'imagerie informatique, déjà, j'avais deux métiers). Après, plus rien pendant 10 ans ! Depuis quelques mois, j'écris moins, mais mieux. Et je ne m'en porte pas plus mal, même si je dois, comme le décrit si bien Bernard Lahire (repris dans ce blog), "préférer [dans l'écriture] la notion de jeu" et "pratiquer la littérature comme un loisir". Je suis de ces auteurs "qui sont pris au jeu", dont je fais "le moteur premier de [mon] existence tout en conservant [si nécessaire] une activité rémunérée". Et ça me plait bien !

mercredi, 13 septembre, 2006

La bêta 2 de Firefox 2 en téléchargement

La bêta 2 de Firefox 2 en téléchargement [LMI]

Les prochaines moutures de IE 7 et Firefox 2.0, au coude à coude. La Fondation Mozilla a publié la bêta 2 de son navigateur Firefox 2.0, une semaine après que Microsoft a sorti la première Release Candidate d'IE 7 pour Windows XP.
NDEC Pour la télécharger, le seul lien stable que j'ai pu trouver pour l'instant est celui ci. Attention, le lien est stable ... mais pas la bêta !

Evincé de Canal Plus, Karl Zéro monte sa web TV

Evincé de Canal Plus, Karl Zéro monte sa web TV [Ratiatum]

Ejecté de Canal Plus, Karl Zéro profite de sa notoriété pour retrouver une indépendance éditoriale en solo, sur sa propre télévision qu'il lance sur Internet le 11 septembre prochain. Le site veut "montrer ce qu'on ne voit nulle part dans les médias traditionnels, et pouvoir en débattre librement".
Sur leweb2zero.tv (on appréciera le jeu de mots), l'ancien animateur de la chaîne de Vivendi veut lui aussi mettre un terme au contrôle de l'information par les médias et les puissances financières. "De plus en plus, l'info est centralisée, orientée et n'offre plus la multiplicité des points de vue qu'on serait en droit d'attendre de par la multiplicité des médias. A une exception prêt : internet", indique Karl Zéro pour justifier l'ouverture de sa web TV.
Il semble que l'animateur, inspiré sans doute par les succès des français Agoravox ou DailyMotion, donnera voix et images aux internautes. Mais contrairement aux deux sites précités, Leweb2zero.tv sera aussi alimenté par les reportages de l'équipe de Karl Zéro, qui ont fait sa réputation (et son départ) sur Canal Plus. Lui qui a dénoncé une censure croissante de la part de la chaîne cryptée devra toutefois montrer patte blanche. Dans ses Dossiers, le Canard Enchaîné écrivait cet été que "l'animateur sait demander d'y aller molo sur un sujet sur Sarko, d'éviter de le froisser avec la Sacem, ou encore d'oublier le foot et le cinéma, les deux mamelles de Canal".
Article sous license Creative Comons partiellement repris

vendredi, 08 septembre, 2006

La matière première des réseaux c'est l'information et elle a un coût

Lu sur le blog d'Edgar Pisani, ce post passionnant - titré "Les zones grises de web 2.0" qui analyse l'évolution actuelle du droit intellectuel :

"La matière première des réseaux c'est l'information et elle a un coût. Certains ont entrepris de le réduire le plus possible pour augmenter la compétitivité et les marges. Quelque part ils y sont parvenus par un tour de magie en nous faisant faire leur travail à leur place : ainsi, nous sommes de plus en plus nombreux, à créer, partager ou sélectionner des contenus, à les étiqueter (tags) et les diffuser à grande échelle."

"Si d'un côté, on trouve des créateurs et des auteurs qui ne comptent pas leurs heures, de l'autre, il y a les services et les agrégateurs, ces intermédiaires qui mettent à disposition des outils automatisés pour accéder à ces contenus fournis par une main d'oeuvre gratuite. À l'instar d'un moteur de recherche comme Google, des fortunes et de nouveaux empires se bâtissent"

"On retrouve de solides fractures entre les amateurs et les professionnels, le libre et le propriétaire, le payant et le gratuit. Il n'y a aucun mal à gagner de l'argent en créant et en vendant du contenu. Il ne s'agit pas de jeter le bébé avec l'eau du bain, néanmoins en tant qu'utilisateur-auteur (que nous sommes presque tous d'une façon ou d'une autre), bref, producteurs de valeur ajoutée, nous pourrions émettre un souhait : celui de pouvoir choisir librement de partager ou de vendre le fruit de notre travail, de notre créativité, notre droit à l'image. Si Wikipédia est si extraordinaire (même si le fonctionnement de l'encyclopédie va évoluer) et si les réseaux sociaux peuvent être un moteur de transformation dans notre société, c'est en partie en restant fidèles à la dynamique d'origine du Web, nourris par le libre, le partage réel, la générosité gracieuse."

Edgar Pisani écrit cette phrase pleine de sens : "Le départ prochain de Bill Gates de Microsoft est symbolique de ce changement d'ère"

A lire de toute urgence !

Posted by Eric Charton at 11:29.03
Edited on: samedi, 09 septembre, 2006 19:20.20
Categories: Internet,blogs, etc ... Commentaires: |

mercredi, 06 septembre, 2006

OpenOffice.org : la plus grande migration de tous les temps sera française !

 

Après la Gendarmerie Nationale, après les réflexions de la mairie de Paris, c’est donc au tour de l’administration centrale française d'adopter la suite bureautique OpenOffice. Une adoption massive puisqu'elle concerne 400.000 postes, et ce, dès l’an prochain. Une migration qui fera date, aussi, puisque sur ces postes, Open Office remplacera la suite concurrente et payante Microsoft Office. En tout cas, cocorico, la migration, dans une telle proportion, des logiciels propriétaires de l'administration centrale d'un Etat vers le logiciel libre, est unique au monde.

Pour le ministère du Budget et de la Réforme de l’Etat, ce choix va permettre d’économiser des dizaines de millions d’euros. Déjà, la migration des postes de la gendarmerie nationale vers OpenOffice en lieu et place de Microsoft Office, avait fait économiser 2 millions d’euros par an.

Une migration "entourée"

Concrètement, le déroulement de cette migration lourde et innovante est décrit avec plus de détails sur Adele (le site de coordination de la mission pour le développement de l'administration électronique). On apprend sur ce site que "le déploiement d’OpenOffice fait l’objet de nombreuses initiatives pour préparer au mieux les services et les agents à l’utilisation de cette nouvelle suite bureautique.". A cet effet des "valises pédagogiques" ainsi "qu’un pack de communication" ont été conçus. Côté formation, "des modules [...], utilisables sur n’importe quelle plate-forme de formation en ligne (compatible SCORM) seront à disposition des agents".

Cette stratégie d'assistance nous rappelle qu'on ne peut justifier la migration vers un logiciel libre en se contentant de l'argument économique. L'économie budgétaire immédiate ne doit pas être considérée comme nette et seule motivation d'un passage au libre. Pour que la migration soit possible et fructueuse, il est essentiel que les marges financières importantes qui sont dégagées par cette opération soient partiellement redéployées au profit des utilisateurs. En d'autres termes, le coût d'achat d'un logiciel commercial inclut également celui des "aides" et d'outils marketing précieux pour les utilisateurs et leurs encadrants : ces aides doivent être conservées lors du passage au libre. L'Etat français semble l'avoir bien compris.

De l'argent pour le code ?

Autre point essentiel, considérer la dimension Open Source d'un logiciel libre - le programme du logiciel est public et peut être amélioré ou modifié -, et intégrer cette dimension dans une stratégie de migration: peu d'informations ont été fournies sur ce sujet, mais il me semble évident,en tant qu'utilisateur et observateur de l'usage qui est fait d'Open Office dans le milieu universitaire, que cette suite n'atteint pas encore le niveau de stabilité de Microsoft Office. Certes, il s'en rapproche chaque jour un peu plus, il est très fiable - Open Office ne détruit quasiment jamais de documents grâce à ses sauvegardes automatiques - mais il défaille encore, surtout sur les gros projets.

Après tout, pourquoi se voiler la face et passer cette réalité sous silence ? D'ailleurs, ces défauts de jeunesse n'entravent pas l'intérêt du logiciel et n'entameront pas la motivation des utilisateurs s'ils sont progressivement supprimés.

Il est donc essentiel que les Etats consacrent une partie des fonds qu'ils dégagent en adoptant le libre, à la constitution d'équipes de développeurs chargées de faire progresser le logiciel, pour le profit de toute la communauté des utilisateurs. C'est dans cette démarche que semblent s'engager les pays d'Asie avec Linux (qui font si peur à Microsoft ) ou Israël avec Open Office.

Ne plus dépendre de la stratégie commerciale des grands groupes

Dernier gain procuré par la migration vers le libre: la perspective d'un maintien du niveau de confidentialité des informations. On l'oublie souvent, mais Microsoft et Google sont engagés dans une bataille sans merçi sur le marché des suites bureautiques. L'un des enjeux de cette guerre économique est de faire basculer les utilisateurs vers une solution "On line", c'est à dire accessible via Internet. Si cette solution technique s'imposait, tous les utilisateurs confieraient le stockage de leurs données aux disques durs distants de ces deux entreprises commerciales (comme c'est déjà le cas pour le mail avec Gmail ou Hotmail). Il y a fort à parier que Microsoft va rapidement chercher à inciter ses utilisateurs à passer au "Bureautique On Line" de "Live.com" (qui augmente la captivité du client).

Un Etat peut il admettre que tout ou partie de ses correspondances et de sa documentation soit stocké sur les ordinateurs d'un tiers dans ces conditions ? Probablement pas, et c'est un point technique qui - n'en doutons pas - va prendre une part de plus en plus importante dans le débat sur la généralisation du logiciel libre dans les administrations.

C'est donc une grande victoire pour le logiciel libre. Les grincheux ne vont pas manquer de rétorquer qu'il y a là une grave entorse au fonctionnement de l'économie de marché, et que l'adoption de cette suite "gratuite", si massivement, va détruire des emplois "marchands". C'est partiellement faux si l'on considère que des emplois de services (ou de développement) seront nécessairement créés pour supporter une telle base installée. On objectera aussi que ces emplois là, seront localisés en France plutôt qu'à Seatle ... Vu sous cet angle, et contrairement à ce qu'affirmait Bill Gates il y a quelque mois, on peut considérer que le développement du libre est bien plus proche du mutualisme (qui marche si bien en France) que du communisme.

Posted by Eric Charton at 11:35.00
Edited on: samedi, 09 septembre, 2006 19:20.03
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mardi, 05 septembre, 2006

VoIP: plus besoin de PC pour téléphoner avec Skype

VoIP: plus besoin de PC pour téléphoner avec Skype [ZDNET]

Le service de téléphonie sur Internet prend ses distances avec l'ordinateur. Il devient accessible directement depuis de nouveaux combinés connectés à un modem ou à une prise téléphonique classique.
Posted by webmaster at 18:00.56
Edited on: samedi, 09 septembre, 2006 18:47.58
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lundi, 04 septembre, 2006

RATP ne rime pas avec sécurité des données

Côté colonies de vacances, arbre de noël, et comité d'entreprise, croyez moi, la RATP c'est le top (je ne vais pas vous raconter ma vie, mais j'ai sur ce sujet une petite expérience). En revanche, côté sécurité des systèmes d'informations, il faut croire que la RATP (la régie des transports parisiens pour les non-habitants de Paris - le métro quoi) c'est pas encore ça.

Posons un problème dit de "situation de crise" : que ne faut-il surtout pas faire lorsqu'une faille de sécurité est découverte dans un système d'information ?

  1. Nier l'existence de la faille
  2. Devant la preuve fournie de l'existence de cette faille, faire disparaître la preuve
  3. Devant l'insistance du découvreur de la faille, envoyer ce dernier en prison (demandez au GIE Carte Bleu et à Serge Humpich ce qu'ils en pensent...)
  4. Devant l'insistance d'organisations de consommateurs - saisies par le découvreur de la faille - faire carrément disparaître le système d'information !

Pour le point 3, il semble que la RATP ne soit pas tombée dans le panneau : le découvreur de la faille dont nous allons parler, n'est - à ma connaissance - pas encore en prison. En revanche, sur les points 1 et 2 on est en plein dedans, et pour ce qui est du point 4, c'est une nouvelle technologie de sécurisation totalement innovante qui voit le jour: "votre système est piratable ? faites le disparaître". Un peu expéditif, comme plan de sécurité, mais assez efficace, reconnaissons le !

Données du problème : tout commence par un usager (Arthur M.) de Navigo curieux et bidouilleur qui aurait pu accéder à plus de 1000 formulaires contenant des données personnelles et privatives d'abonnés à ce système de ticket électronique. Sur chaque formulaire, on pouvait observer notamment la photo de l'usager concerné, son état civil, son adresse postale, son mail et son numéro de téléphone: pas bien méchant, mais quand même ennuyeux. La méthode d'Arthur M, trouvée par hasard en observant une URL de formulaire, est assez classique et archi connue : substituer un numéro d'identifiant à un autre dans une requête. Inquiet de ce qu'il découvre, Arthur signale immédiatement cette faille de sécurité à la RATP et à Comutitres, le groupement d'intérêt économique qui gère les différents de transport en commun pour le la RATP.

Là, ça ce corse. En guise de réponse, la RATP supprime les fiches décrites par l'internaute ! C'est la phase "disparition de preuve" - acte d'ailleurs totalement stupide puisqu'il suffit de mettre d'autres identifiants pour trouver d'autres preuves! Et après ? Chez Microsoft - par exemple, on aurait traité la faille et modifié le service. Pas à la RATP : la régie fait la morte ! Et notre utilisateur bidouilleur bien embêté, qui insiste, ne sait plus que faire de sa faille de sécurité.

A bout d'arguments, il s'est finalement tourné vers l'association des consommateurs Que Choisir. Et c'est sous la pression de ce puissant organisme que la RATP a finalement mis un terme à cette aventure par son action d'éclat : faire purement et simplement disparaître le site. Les abonnés iront se servir chez leur boucher habituel, pour Internet, neni, fini, rideau ! A ce jour, jeudi 31 août, il est toujours indisponible. Conséquence pratique : pour le moment, les usagers ne peuvent plus s'inscrire en ligne pour obtenir un passe Navigo. Ils doivent impérativement le faire auprès des commerçants dont la liste est communiquée en ligne.

On signalera que la carte Navigo avait fait grand bruit à sa sortie, lorsque la RATP fit connaître son intention de faire payer 5 euros, le fait de fournir un Navigo sans fichage (les fameuses données qui viennent - justement - d'être hackées). La Commission nationale de l'informatique et des libertés s’en était émue en décembre, affirmant dans une interview: « chaque fois que l'on met en place un système de carte à puce qui permet de tracer des déplacements, il faut proposer aux gens une alternative, qui est l'alternative de l'anonymat. Cette alternative doit être gratuite ». Signalons que la Cnil avait aussi beaucoup travaillé sur l'utilisation abusive que pouvait être faite du navigo pour "tracer" les déplacements des des usagers.

Posted by Eric Charton at 20:01.58
Edited on: samedi, 09 septembre, 2006 18:47.30
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samedi, 02 septembre, 2006

Google propose le téléchargement des livres tombés dans le domaine public: la BNF aussi ...

Google propose le téléchargement des livres tombés dans le domaine public [ZDNET]

Victor Hugo, Shakespeare ou encore La Fontaine. Les œuvres de ces auteurs, tombées dans le domaine public, sont accessibles gratuitement sur Google Livres. À l’internaute de vérifier les règles sur le copyright en vigueur dans son pays. Une première sélection d'ouvrages numérisés par Google est depuis aujourd'hui disponible gratuitement sur son service Recherche de livres. Tous tombés dans le domaine public, ils peuvent être téléchargés dans leur intégralité au format PDF.

Après avoir lu cette nouvelle de ZDNet, il m'a semblé absolument essentiel de la compléter. Pour votre information donc, chers amoureux du livre et de l'histoire, sachez que vous trouverez exactement le même type de service auprès de Gallica de la BNF (http://gallica.bnf.fr/) sans publicité, et sans ces agaçants mélanges de livres payants et gratuits qui sont la marque de fabrique de Google.books. On trouve aussi sur ce site une grande partie des livres des grands auteurs (dont ceux de Jules Vernes ou Victor Hugo) qui sont très bien numérisés, exactement comme chez Google.books.

Mais à la BNF, on fait plus et mieux que chez Google.books. Certes, le site portail de la numérisation des fonds documentaires nationaux est peut être moins "grand public" (pour le moment) que celui de Google.books, mais infiniment plus remarquable : j'y ai par exemple téléchargé récemment les éditions originales d'ouvrages de Raymont Lulle (Art Brevis et Arte Combinatoria) qui m'auraient été difficilement accessibles il y a seulement 10 ans ! Il est peu probable aussi que Google s'intéresse à ces ouvrages fondateurs - mais peu demandés - avant longtemps.

Le site Gallica est public, accessible à tous, financé par les impôts, n'a aucune visée commerciale, et vous n'avez même pas à vous soucier de la législation en vigueur dans votre pays pour télécharger ses contenus ... ce qui est quand même une démarche un peu plus en phase avec le statut de patrimoine de l'humanité que détiennent ces ouvrages du domaine public, non ?

Ceci dit, je n'ai rien contre Google.books, hein : j'ai juste choisi ma librairie ...

Posted by Eric Charton at 16:31.30
Edited on: samedi, 09 septembre, 2006 18:41.58
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Universal Music fait un pas vers la musique gratuite sur le Net

Universal Music fait un pas vers la musique gratuite sur le Net [ZDNET]

La maison de disques a signé avec la start-up SpiralFrog, qui diffusera gratuitement son catalogue d'artistes sur une plate-forme de téléchargement financée par la publicité. Le modèle semble intéresser d'autres majors dont EMI.
Universal Music a décidé de combattre les réseaux peer-to-peer sur leur propre terrain: la diffusion gratuite de musique. La maison de disques a signé un accord pour fournir son catalogue à la société new-yorkaise SpiralFrog, qui doit lancer d'ici à la fin de l'année un service de téléchargement de musique gratuit
Posted by webmaster at 16:09.25
Edited on: samedi, 09 septembre, 2006 18:38.21
Categories: Peer to peer Commentaires: |

vendredi, 01 septembre, 2006

Les dégâts collatéraux de la loi DAVDSI

J’en ai parlé parfois, je m’en suis gaussé, souvent (surtout de son promoteur, le ministre Renaud Donnedieu de Vabres). Ce que je n’avais pas dit jusqu’ici, c’est que la loi DADVSI qui fera date dans l’histoire de la liberté d’expression, a des conséquences importantes sur mon métier d’auteur.

Rappel : cette loi, vient transposer une directive Européenne n°2001-29 du 22 mai 2001 relative à l'harmonisation de certains aspects du droit d'auteur et des droits voisins dans la société de l'information. Cette directive est déjà appliquée en Allemagne, depuis plusieurs années, où elle a provoqué la disparition d’un certain nombre de logiciels (CloneCD, qui a émigré en Suisse) et d'ouvrages spécialisés. Ce texte – après un débat passionné (Le premier ministre, Dominique de Villepin, ayant déclaré l'urgence sur le texte, il n'y eut qu'une seule lecture à l'Assemblée nationale puis au Sénat) - a été voté en dernière lecture par le Sénat le 30 juin dernier. Il est entré en vigueur début Août, dès sa publication au JO le 3 Août 2006.

Il fait donc autorité, et je suis en mesure de vous donner aujourd'hui - en tant que témoin directement concerné - un bref panorama des grandes avancées qu'il procure à notre société. Une société, soit dit en passant qui sacrifie progressivement ses droits et prérogatives à des multinationales. Car cette loi, pour un auteur tel que moi (et quelques autres), est aussi un dispositif de censure au profit de quelques entreprises du média. Une censure qui s'applique, ici, et maintenant : démonstration par l'exemple.

Commençons par le peer to peer.

La nouvelle loi (Article 21) sanctionne tout personne ayant mis "à la disposition du public [ou communiqué] au public, sciemment et sous quelque forme que ce soit, un logiciel manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d'oeuvres ou d'objets protégés" (la cible initiale était donc les éditeurs et leurs logiciels de peer-to-peer) d'une peine de trois ans d'emprisonnement et de 300.000 euros d'amende (cette peine étant multipliée par cinq lorsque l'infraction est commise par une personne morale). Le fait de promouvoir ce type de logiciel est sanctionné par la même peine grâce à l'alinéa 2 qui ajoute que (vaut même peine ): "D'inciter sciemment, y compris à travers une annonce publicitaire, à l'usage d'un logiciel mentionné au 1". Notons que ces deux dispositions ont été déclarées non conformes par la décision du Conseil constitutionnel n° 2006-540 DC du 27 juillet 2006, mais que cette censure de la loi rend à priori (voire le blog de maître Eolas sur le sujet) sous certains angles, la loi encore plus dure (Maître Eolas dit carrément "hardcore").

En pratique (et faute de précision juridique sur la façon dont s'appliqueront ces articles), ceci signifie potentiellement que l'ouvrage DivX, Kazaa, Nero et les autres, qui décrit tous les logiciels de peer to peer (et donc en assure la promotion) est aujourd'hui illégal. Le droit d'expression des co-auteurs de ce livre, est l'objet d'une exception qui prend la forme d'une censure. Vous avez bien lu, deux journalistes, qui ne font que décrire un sujet sont aujourd'hui en France passibles de 3 ans de prison ! C'est inédit dans notre pays depuis, je pense, une cinquantaine d'années. Ne nous précipitons pas, le Conseil Constitutionnel rend pour le moment - par sa censure - ce passage obscur. Nous attendrons donc pour voir ce que sera le destin de cet ouvrage en particulier. De toute façon, rassurez Renaud DDV, il y a pire ...

Mort de mes ouvrages sur la gravure ...

Se reposant sur les anciennes dispositions législatives, et notamment sur la loi Lang, la totalité de mes ouvrages sur la gravure de CD (il y en a une bonne dizaine, dont un Campus, et quelques livres sur des logiciels tels Nero et Easy CD) vous expliquaient comment contourner des protections pour créer vos copies de sécurité (parfaitement légales jusqu'ici). J'ai déjà expliqué à de nombreuses reprises que je n'encourage pas la copie pirate, et que pour ma part je ne possède que des logiciels originaux. Mais j'ai aussi précisé qu'avec des logiciels de jeux à 50 euros (Age Of Empire, pour lequel mon fils de 12 ans économise péniblement à chaque nouvelle sortie), les DVD Vidéo à 30 euros, il était, dans certains foyers, impératif de réaliser une copie de sauvegarde ne serait-ce que pour préserver l'investissement conséquent porté sur l'original. J'ai même proposé à de nombreuses reprises, et dans plusieurs tribunes, que la copie privée soit interdite en échange d'un engagement de la part des éditeurs ou des majors du média, d'une offre de remplacement du médium original (CD ou DVD rayé par exemple) à vie.

La loi de "Super Renaud DDV" en a voulu autrement : aujourd'hui, l'article 22 de sa loi punit (lourdement) le contenu de la totalité de mes livres sur la gravure qui expliquent comment contourner une mesure de sécurité. Florilège:

« II. - Est puni de six mois d'emprisonnement et de 30 000 EUR d'amende le fait de procurer ou proposer sciemment à autrui, directement ou indirectement, des moyens conçus ou spécialement adaptés pour porter atteinte à une mesure technique efficace telle que définie à l'article L. 331-5, par l'un des procédés suivants :
« 1° En fabriquant ou en important une application technologique, un dispositif ou un composant, à des fins autres que la recherche ;
« 2° En détenant en vue de la vente, du prêt ou de la location, en offrant à ces mêmes fins ou en mettant à disposition du public sous quelque forme que ce soit une application technologique, un dispositif ou un composant ;
« 3° En fournissant un service à cette fin ;
« 4° En incitant à l'usage ou en commandant, concevant, organisant, reproduisant, distribuant ou diffusant une publicité en faveur de l'un des procédés visés aux 1° à 3°.

Tous les CD de mes ouvrages présentent des versions de démonstration d'outils sanctionnés par les alinéas 1,2, à minima, éventuellement 3 et 4. Le simple fait de décrire le module "CD et DVD Copie" de Nero (partie intégrante du logiciel) ou de CloneCD est considéré comme une infraction au nouvel article L. 335-3-1 qui dit ceci:

« Art. L. 335-3-1. - I. - Est puni de 3 750 EUR d'amende le fait de porter atteinte sciemment, à des fins autres que la recherche, à une mesure technique efficace telle que définie à l'article L. 331-5, afin d'altérer la protection d'une oeuvre par un décodage, un décryptage ou toute autre intervention personnelle destinée à contourner, neutraliser ou supprimer un mécanisme de protection ou de contrôle, lorsque cette atteinte est réalisée par d'autres moyens que l'utilisation d'une application technologique, d'un dispositif ou d'un composant existant mentionné au II."

A ce jour, ces deux dispositions législatives de la loi DAVDSI (qui sont - je l'espère - non rétroactives) me font risquer - si je réédite mes ouvrages sans les amputer de plus de la moitié de leur contenu - une amende, et de la prison ferme.

J'ai seulement le droit - depuis le 3 Août - de vous expliquer comment on grave un CD de données (contenant par exemple des textes Word), mais tout le reste, ou presque, est interdit (vous expliquer par exemple comment transférer un CD-DA original sous forme de séquences MP3 sur un CD vierge ou vers votre lecteur MP3, est aujourd'hui interdit, en partant du principe qu'une partie des CD Audio originaux sont protégés contre la copie !). Le contenu de ce livre sur Nero est interdit. Le contenu de ce livre de référence - le Campus gravure - très technique, présent dans une bonne centaine de bibliothèques universitaires et scolaires - est lui aussi interdit. Vous avez dit autodafée ?

Fin du Hackers Guide et des ouvrages sur la sécurité des SI

Et ce n'est pas fini ! Tous les ouvrages sur la sécurité des SI avec un contenu pratique (c'est le cas des miens, mais aussi de ceux de Micro Application par exemple) tombent aujourd'hui sous le coup de cette merveilleuse loi. Le principe même du reverse ingéniering, qui est au coeur de la formation à la sécurité, ou de la simulation d'intrusion (qui précisons le, est la méthode utilisée pour enseigner les matières relatives à la sécurité des SI dans les écoles d'ingénieurs ou les masters spécialisés) est bani.

Grâce à l'article 23 de la loi DADVSI qui fait insérer ces lignes dans le Code de la Propriété Intellectuelle :

« Art. L. 335-4-1. - I. - Est puni de 3 750 EUR d'amende le fait de porter atteinte sciemment, à des fins autres que la recherche, à une mesure technique efficace telle que définie à l'article L. 331-5, afin d'altérer la protection d'une interprétation, d'un phonogramme, d'un vidéogramme ou d'un programme par un décodage, un décryptage ou toute autre intervention personnelle destinée à contourner, neutraliser ou supprimer un mécanisme de protection ou de contrôle, lorsque cette atteinte est réalisée par d'autres moyens que l'utilisation d'une application technologique, d'un dispositif ou d'un composant existant mentionné au II.

Et oui, cet article parle de "programme", ce qui signifie que toute utilisation d'un programme en vue de décoder les actions d'un autre programme (ou par extension, ses mots de passe) est interdite. Les outils présentés dans le Hackers Guide pour récupérer le mot de passe d'un fichier Word ou Excel sont aujourd'hui interdits. Pour information, toujours, le Hackers Guide doit être présent dans plusieurs dizaines de bibliothèques universitaires ! Faudra t-il expurger les rayons de ces vénérables institutions de ma prose subversive ?

Et maintenant ? La jungle !

La loi DADVSI ne touche pas que les écrits. Un site comme Ratiatum par exemple, va devoir expurger de ses pages une bonne part de ses contenus qui promeuvent le peer to peer (fussent-ils légaux, pour télécharger des vidéos libres de droit, par exemple). Un père de famille détenteur d'un accès à Internet va devoir s'assurer que son réseau wi-fi domestique n'est pas utilisé pour accéder au peer to peer ou à des sites favorisant l'accès au peer to peer. En vertu de quoi ? De cet article (un peu obscur et fourre tout, d'ailleurs) :

« Art. L. 335-12. - Le titulaire d'un accès à des services de communication au public en ligne doit veiller à ce que cet accès ne soit pas utilisé à des fins de reproduction ou de représentation d'oeuvres de l'esprit sans l'autorisation des titulaires des droits prévus aux livres Ier et II, lorsqu'elle est requise, en mettant en oeuvre les moyens de sécurisation qui lui sont proposés par le fournisseur de cet accès en application du premier alinéa du I de l'article 6 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique. »

Epilogue

Voilà donc ce qu'est finalement cette loi DAVDSI. Toutes les peines pour les utilisateurs - qui devaient être allégées en contrepartie de l'acceptation de cette loi - ont été durcies par le Conseil Constitutionnel. Finalement, une vaste partie de notre liberté d'expression a disparu et le droit à la copie privée avec elle... ça, ce n'est pas drôle du tout. Pour ce qui me concerne, j'avoue que l'écriture d'ouvrages devient beaucoup moins amusante. Se contenter d'écrire des guides pratiques sur les logiciels de bureautique n'a jamais été mon "truc".

La seule façon de continuer à expérimenter et tester des nouvelles technologies dans un cadre légal, sera - éventuellement - la recherche en laboratoire, heureusement épargnée par la loi. Pour les utilisateurs d'ordinateurs, les lecteurs, vous, moi, il va falloir se rabattre sur l'Internet underground qui bien évidemment, va continuer à fournir des quatre coins de la planète, toute l'information nécessaire...

Bienvenue dans le monde merveilleux de la "société commerciale de l'information" et de la prohibition de "l'information"...

Posted by Eric Charton at 13:13.22
Edited on: samedi, 09 septembre, 2006 18:38.04
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Tout nouveau tout beau : Campus Flash 8

Certains l'auront remarqué, cette année, je publie peu ! Mais quand même encore, de temps en temps : le petit dernier (façon de parler), c'est le gros "Campus Flash 8" qui vient de sortir, qui succède à l'ancien Campus Flash MX 2004.

 

"Le Campus Flash 8 est un ouvrage exhaustif sur le logiciel d'animations interactives de Macromedia. Divisé en cinq parties correspondant à plusieurs niveaux de compétences et de besoins d'apprentissage il s'adresse aux novices comme aux initiés aux professionnels de la création numérique comme aux programmeurs.

Vous découvrirez ensuite les composants V2 et vous apprendrez à les manipuler grâce à de nombreux exemples pratiques. La compatibilité du moteur de Flash 8 avec XML vous permettra de créer des applications à la fois esthétiques et sophistiquées de récupération de données sur le Web.

Toutes les nouveautés de la version 8 vous seront présentées : les effets professionnels (ombre portée flou biseau et réglage des couleurs etc.) Flash Mobile (applications Flash pour téléphones mobiles) le nouveau codec vidéo On2 VP6 (qui comprend une fonction de traitement par lot pour encoder plusieurs fichiers vidéo à la fois) les canaux alpha… révolutionnaires ! Et d'autres innovations qui font de cette version une mise à jour importante dans les domaines de l'expressivité de la prise en charge des textes et de la vidéo.

Au terme de votre apprentissage vous pourrez enfin publier vos œuvres. L'optimisation la production la préproduction et la résolution de problèmes sont très largement traitées."

Disponible ici ... et ailleurs

Posted by Eric Charton at 11:41.56
Edited on: vendredi, 01 septembre, 2006 13:11.23
Categories: Actualité auteur, Parutions d'ouvrages Commentaires: |

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