Bénévoles en grève …
Jan 8th, 2008 by Eric
Le site Ladiesroom.fr, se qualifie de “premier magazine féminin à lire et à écrire”. Il vient de faire l’expérience d’une première dans l’histoire du web bénévole : une “grève des avatars”. Des femmes contribuant régulièrement et gratuitement au site par l’envoi d’articles ou de chroniques ont décidé de laisser au repos clavier et souris.
Et pour le faire savoir, elles ont “déshabillé leur avatar”. Ne reste ainsi d’elles qu’une très visible silhouette noire qui s’affiche sur la porte des toilettes pour femmes (le logo du site)… Raison de cette rébellion ? Une contributrice, plus curieuse que les autres, a découvert que le projet était porté par une agence de communication, en l’occurrence la société Heaven. Or, dans la rubrique “A propos” du site, il n’en était pas fait mention. Ce manque de transparence a choqué d’autres contributrices. Elles se sont jointes à cette protestation qui a débouché sur une “grève”. Plusieurs sites s’en sont fait l’écho.
Ce phénomène amusant pose enfin de vraies questions sur lesquelles j’avais commencé à réfléchir dans ce post sur wikipédia et son modèle économique. Car ce que les experts branchés appellent le web 2.0, et qui produit des millions milliards de dollars ou d’euros de profit, repose essentiellement sur l’activité de millions de bénévoles, qui jouent le jeu d’enrichir collectivement les sites ou les applications qui leur sont proposés.
Pour ceux qui contribuent à wikipédia, qui survit du don et est propriété d’une association, c’est acceptable (en tout cas, c’est ce qu’affirment les acteurs de ce projet). Mais un problème survient quand on “prête” gratuitement sa prose et son identité à Facebook (au hasard …), et que la valorisation qui en découle est de 15 milliards de dollars. Idem lorsque l’on fournit en vidéo gratuites un site qui ambitionne de revendre à terme sur ces mêmes vidéos, des publicités.
L’affaire Ladiesroom.fr est donc un premier signe, et peut être le signal annonçant la révolte imminente des utilisateurs gogos. Révolte qui si elle faisait des petits, pourrait bien être fatale au Web 2.0…




