Il était chez ma grand-mère. Par tradition, on se l’offrait à Noël. C’était le must des lycéens et des collégiens malins : il est mort ! C’était le Quid, recette miracle et désormais has-been pour des devoirs vite fait, bien fait.
Le Quid 2008 ne sortira pas. L’éditeur de la célèbre encyclopédie a décidé d’arrêter sa publication après 43 ans d’existence. Avec moins de 200.000 exemplaires vendus en 2007, le Quid “version papier” (ce qui était pourtant un très bon chiffre de vente), comme les livres pratiques, les ouvrages technologiques et scientifiques, l’Universalis (3000 exemplaires seulement vendus cette année, moins qu’un bulletin municipal) et quelques autres, a succombé à la concurrence des encyclopédies d’internet.
Le bon vieux Quid tué par la concurrence des encyclopédies libres et gratuites sur le Web ? On pointe du doigt le coupable: Wikipédia. D’ailleurs, c’est le Quid.fr qui prend la succession, dans une version électronique, même si l’on dit qu’avec près d’un million de visiteurs par mois, il n’est pas rentable.
En tout cas, nous avons là une preuve de plus de la sélection naturelle qui en ce moment est à l’oeuvre, jusqu’à l’impitoyable, sur l’économie de notre société : franchement, il n’y avait aucune raison pour que le passage du Quid papier au Quid numérique ne se fasse pas en douceur et avec succès. Seulement comme dans le cas de l’industrie du disque, les éditeurs et auteurs de l’ouvrage n’ont pas réussi à se sortir de leur modèle de marché.
Le Quid en ligne, vendu par abonnement, avec pourtant une notoriété à faire palir le wiki balbutiant, n’a jamais été acheté par les internautes. Lorsque Quid est devenu gratuit, il était trop tard: Wikipédia avait entamé son irrésistible ascension. Avec 1 000 000 visiteurs par mois (selon l’éditeur), Quid.fr est une publication à notoriété moyenne. Un comble. Il aurait fallu accepter le modèle publicitaire ou inventer d’autres possibilités bien plus tôt. C’est raté …
Ce modèle publicitaire est d’ailleurs en train de franchir un nouveau pas pour l’édition numérique, puisqu’Adobe et Yahoo viennent d’annoncer leur plan bêta test de Ads for PDF. Le système est simple : il repose sur un dispositif qui permet d’associer des bannières publicitaires à un document Adobe PDF. On imagine tout le potentiel de cette nouveauté dans le monde de l’édition en ligne : le compte d’auteur, la presse, tous les secteurs vont trouver ici un nouveau moyen de diffusion rémunéré.
Allez, pour la route, la fiche du Quid de … Wikipédia (c’est cruel, oui je sais) !




