Les internautes sont tous des pourris
Nov 22nd, 2007 by Eric
Confier une mission d’étude et de proposition “impartiale” sur un phénomène de société - en l’occurence l’utilisation des produits culturels sous forme numérique - à un marchand (en l’occurence , un PDG de chaîne de magasins “culturels”), c’était audacieux.
Le résultat est à la hauteur du symbole: un désastre quasi totalitaire, et une foule d’inepties. On apprendra ainsi dans le préambule de ce rapport que “techniquement possible, l’accès libre, gratuit et sans limite aux oeuvres protégées est inadmissible éthiquement, économiquement et juridiquement“. A croire que les auteurs de ce truc n’écoutent jamais la radio et n’ont jamais enregistré de films télé sur leurs magnétoscopes …
Rappel des faits : à la rentrée, Denis Olivennes, le PDG de la Fnac s’était vu confier une mission par la ministre de la Culture, Christine Albanel, sur « la lutte contre le téléchargement illicite » sur internet. Le rapport qui découle des cogitations du groupe de réflexion commence à être connu, avant présentation officielle à Nicolas Sarkozy dans les prochains jours.
Les préconisations qui devraient être dévoilées comportent un volet répressif, dont la mesure la plus spectaculaire serait la suspension de l’abonnement internet des “prétendus pirates”, après avertissement. Le choix des “suspects” ne serait pas le fait des fournisseurs d’accès mais d’un nouveau « gendarme » issu de la loi DADVSI : l’Autorité de Régulation des Mesures Techniques (ARMT). Les suspects privés de réseau seraient par ailleurs inscrits dans un “fichier”.
On remarquera que l’hypothèse d’un filtrage généralisé des réseaux aurait été écartée tout comme la mise en place d’un système d’amendes automatisés. Ouf …
On touche le fond, et d’ailleurs, à force d’intoxiquer, les tenants de la répression finissent par contaminer des auteurs réputés “ouverts”: ainsi Jean-Louis Murat (dont je possède les CD, que j’ai achetés, moi, l’immonde promoteur du peer to peer et de la copie privée) , dans une effarante interview donnée au Monde cette semaine, affirme que ceux qui “dénoncent les pratiques de voyou sur Internet, […] sont attaqués par des petits groupes d’internautes“. Et d’ajouter que “ceux-ci s’y mettent à une dizaine, se font un plaisir de mettre la totalité de la discographie de l’impétrant à disposition gratuitement, partout, dernier album compris“. Et Murat d’affirmer aussi, sans se soucier de l’ineptie de son propos qu’un gamin “collectioneur” qui possède 10 000 titres sur son disque dur, et qui ne les écoute jamais, lui porte préjudice ! On croit rêver.
Du fantasme à l’état pur que Ratiatum se fait un plaisir de reprendre dans une lettre ouverte de Philippe Axel, qui sort cette semaine “La Révolution Musicale” chez Village Mondial (mon éditeur, hem…).
Justice parallèle, délation, fichage, refus du progrès technologique, voilà ce que l’on voudrait nous servir au prétexte que les internautes qui aiment la musique numérique sont des voyous et des voleurs vindicatifs et arrogants (c’est en tout cas ce qu’affirme JL Murat). La réalité est tout autre: depuis maintenant dix ans, tous les industriels du média et de certaines formes de culture (le disque évidemment) ont refusé d’admettre que les consommateurs désiraient utiliser les nouveaux formats qui leurs étaient proposés. Ils ont refusé d’offrir des alternatives légales, laissant le téléchargement sauvage tout envahir. Pour un seul motif: le fric à plein tube (c’est le cas de le dire), qui, selon eux, ne pouvait se collecter qu’en vendant des boîtes. Pour les majors et quelques auteurs, la musique, l’art, ce ne peut être qu’une galette en plastique, ou une sonnerie de téléphone. Point à la ligne.
Décidément, le pays d’Ariane, de l’Airbus et du TGV, a bien du mal à s’accommoder des nouvelles technologies et à transformer l’intérêt du citoyen pour les médias en consommation fructueuse et en progrès industriel.





Il est clair que ca m’a toujours fait rêver ces inepties débitée par les majors, qui ceci dit au passage s’en foutent plein les fouilles…
Elles sont tellement avides de fric, qu’elles en oublient d’un CD à plus de 15 €, personne n’en veut…
Et ce qui me révolte, c’est que l’artiste en question depuis des années voit le prix de son album augmenter mais pas la somme par CD qui lui est reversée et bizarrement, ce n’est pas lui qui traine les mère des familles qui ont téléchargé 1000 MP3 (qui sont d’une piètre qualité pour la plupart)…
cherchez l’erreur…
Voir mon post du jour sur les propos d’Edgar Bronfman!