Critique amateur ou tonton flingueur ?
Nov 2nd, 2007 by Eric
Ca fait quelques années que je relate (avec dédain) la vacuité et parfois la méchanceté gratuite des critiques laissées par des “amateurs” sur les sites de vente en ligne. On sait dans le monde du livre que des éditeurs (j’en ai vu de mes yeux) ne se privent pas de “flinguer” le titre du concurrent avec des pseudos bidons chez amafnapage et autre alazon’s (notez que l’identité des sites en question a été masquée, afin de m’éviter de me fâcher avec les dits sites qui sont mes clients puisqu’ils vendent mes livres…hem…).
Chez eux, mais aussi dans les forums ou sur les comparateurs, on voit parfois des commentaires bêtes et méchants dont le style rappelle bizarrement celui d’un traducteur déçu ou d’un auteur “concurrent”… Passons …
Pour ma part, c’est toujours avec amusement que je vois un de mes livre se faire “flinguer” méchamment par l’un de ces critiques “amateurs”. Je ris aussi d’ailleurs des flingages qui ont lieu dans les commentaires ouverts sur ce site (le mien), et que d’ailleurs je laisse - sauf injures - en l’état (logique, nul n’est prophète en son pays, dit on).
Pour être franc, je m’en moque comme de mon premier stylo à bille, vu qu’en règle générale, les livres en question sont ceux qui se vendent le mieux (le Campus Flash étant l’un des sommets en la matière)! Mais il n’empêche: ces sites web 2.0 machin qui se targuent d’être “cools” et “branchés” feraient peut être bien de réfléchir à la qualité des critiques amateurs qu’ils laissent s’exprimer.
Un article de rue89, “Dénigrez, il en restera quelque chose sur le Net“, nous explique que ce phénomène prend des proportions inquiétantes. On nous cite ainsi un premier roman “Un monde sans elfes“, qui depuis sa sortie, en juin, est la cible de commentaires incendiaires.
Dans le cas décrit, le flux augmente en continu, et atteint même les forums dédiés à l’ouvrage. On en verra illustration sur livres-online, fluctuat.net, critiqueslibres… Avec, dans certains cas des propos diffamatoires à l’encontre de l’auteur.
Chez l’éditeur, évidemment, c’est la consternation: “Il est parfaitement invraisemblable que ce roman suscite autant d’avis négatifs“, constate l’attachée de presse et seule salariée de l’éditeur indépendant.
C’est le moins qu’on puisse dire : publié le même jour que “Au secours pardon“, de Frédéric Beigbeder, “Un monde sans elfes” totalise plus de 50 avis d’internautes sur les deux sites marchands cités plus hauts, contre 27 pour le dernier opus de Beigbeder. Vous avez dit bizarre, ou vous avez dit flinguage ?
Mais qui, pourquoi ?
Dans le web anglo-saxon, on appelle ce phénomène l’”advertposting”. Aux Etats-Unis, on en est au stade de la prestation de service organisée. Cette activité - lorsqu’elle est civilisée - est par exemple celle de Buzz Paradise, une agence qui met en relation des marques et des blogueurs (en offrant des produits à ces derniers pour qu’ils en parlent dans leurs nouvelles) (1).
Mais le côté obscur, ce sont des sites tels que BuyBlogComments, qui proposent aux annonceurs de poster en toute discrétion des commentaires sur des blogs ou des forums. Selon l’article de Rue89, en France, des forums sur les voyages, des sites sur la santé, les bébés ou encore les publications féminines et de cinéma seraient (au choix) victimes ou bénéficiaires de ce type de publicité masquée.
Ce qui ne nous explique pas pour autant pourquoi le “monde sans elfe” ait pu susciter un tel débat. A moins que ce soit les les elfes abonnées à Orange et autre Free, qui, vexées …
(1) Ce paragraphe a été modifié suite à remarque de BuzzParadise





Eric, je te réponds au nom de BuzzParadise pour rectifier ton paragraphe nous concernant. Chez BuzzParadise, on ne rémunère pas nos blogueurs, on leur offre des produits en avant-première pour qu’ils en parlent (en bien comme en mal, si le produit n’est pas bon). Notre objectif n’est pas d’utiliser nos blogueurs pour dire du mal de quelqu’un ou quelque chose. La critique gratuite ne sert à rien et n’est pas notre propos. Nos blogueurs sont invités à donner leur avis et ne sont, par ailleurs, même pas obligés de le faire… Comme tu vois, cela n’a rien à voir avec la tendance “je suis payé pour casser quelqu’un ou quelque chose” que tu décris.
J’avais juste cité BuzzParadise à titre d’exemple “d’adverposting company” qui met en relation des blogueurs et des marques, évidemment sans aucune intention de faire planer sur cette agence la suspicion de prestation de “flinguage underground”. La référence étant effectivement placée au milieu de deux paragraphes sur les “trash posteurs” je concède que le complément d’information proposé par BuzzParadise est opportun et j’ai donc légèrement modifié mon paragraphe !