Hacking Harry
Jul 30th, 2007 by Eric
C’est un sport très prisé chez les fans de peer to peer : mettre en ligne une copie du dernier tome d’Harry Potter, si possible avant sa mise en vente orchestrée. L’ouvrage est pourtant ultra surveillé : ainsi au Royaume-Uni, les exemplaires de Harry Potter and the Deathly Hallows furent livrés aux libraires dans des caisses scellées et convoyées par des camions équipés de GPS dont la position était suivie kilomètre par kilomètre. Pourtant, le pirate “Persept”, a réussi à livrer au monde entier le septième tome de Harry Potter cinq jours avant sa sortie !
Pour faire son coup, le célèbre pirate a photographié une à une les 759 pages du bouquin à l’aide d’un Canon EOS, excellent appareil rapide et sensible à la faible luminosité. La méthode est un peu brutale mais efficace : on se souvient qu’un autre groupe lors de la sortie du précédent tome avait transcrit en équipe (un peu sur le principe des projets open source) tout le texte et même procédé à de rapides traductions. C’était plus lent, mais aussi plus sûr…
Car le malheureux pirate a oublié un détail majeur: toutes les photos prises avec des appareils numériques Canon sont associées à des métadonnées détaillées les “EXIF. Ces données peuvent être lues par tout le monde via les Exif Tools. Problème, dans les données EXIF, il y a la date et l’heure de prise de vue, mais aussi le numéro de série de l’appareil qui l’a prise.
Des recherches ont donc été entreprises pour identifier le propriétaire de l’appareil ayant servi à créer cette version pirate. Les enquêteurs ont déjà mis en évidence que les prises de vue ont été réalisées le 15 juillet entre 20h39 et minuit passé, au moyen d’un reflex Canon EOS 350D. Les enquêteurs ont aussi mis la main sur le numéro de série de l’appareil. Ce numéro pourrait également donner l’identité du possesseur du reflex, pour peu que celui-ci ait fait l’effort de l’enregistrer ou encore qu’il l’ait porté au moins une fois dans un service après-vente (comme quoi il n’est pas forcément recommandé de toujours suivre les procédures de support des fabriquants d’électronique). D’après le Times, les enquêteurs sont quasiment certains de remonter jusqu’au photographe amateur!
L’EFF qui milite pour la liberté numérique et le respect des droits individuels, a pointé du doigt cette mésaventure, en rappellant que certains appareils peuvent aussi géolocaliser les photos par le biais d’un gps intégré, voire être protégés par l’entremise d’un système à empreintes digitales. Dans son article, on nous rappelle aussi que plusieurs imprimantes laser couleur de haute qualité laissent sur chaque feuille imprimée un code invisible à l’oeil nu qui révèle le numéro de série de l’appareil, ainsi que la date et l’heure de l’impression…




